Aller au contenu
Jeudi 4 juin 2026 241 articles publiés 1 contributeurs
Football & Ligue 2

Patrick Colin : 6 matchs, 1 but, une histoire du Pau FC

Patrick Colin n’a joué que 6 matchs avec le Pau FC en 1989-1990, mais son unique but raconte une époque du football palois. Retour sur une carrière discrète.

PAR ROMAIN LASSERRE · PUBLIÉ · 6 min
Rubrique
Football & Ligue 2
Durée
6 min
Publié
04.06.26
Statut
Nouveau
Photo d'archive noir et blanc d'un joueur du Pau FC dans les années 1990, maillot à rayures, célébrant un but devant un public clairsemé
PHOTO D'ARCHIVE NOIR ET BLANC D'UN JOUEUR DU PAU FC DANS LES ANNÉES 1990, MAILLOT À RAYURES, CÉLÉBRANT UN BUT DEVANT UN PUBLIC CLAIRSEMÉ

1 but. C’est tout ce que les archives retiennent de Patrick Colin sous le maillot vert et bleu. Une frappe du droit, un soir de septembre 1989, qui libère les siens contre une équipe de Castets venue jouer bas. Ce but, personne ne l’a filmé. Aucune statistique avancée ne l’a décortiqué. Il pèse pourtant le même poids que tous les autres : il a fait gagner le Pau FC ce jour-là. Et c’est pour cela qu’on se souvient de Patrick Colin.

Un but contre Castets, une vie de joueur

30 septembre 1989. Le Pau FC reçoit Castets-en-Dorthe, modeste formation de Division 3. Patrick Colin est aligné d’entrée. Il marque. Le seul but de sa carrière en équipe première. Le match se termine 1-0. Dans le vestiaire, personne ne peut deviner que ce sera son unique éclat sous ces couleurs. Pour l’éternité, son nom reste attaché à cette victoire étriquée, un de ces succès obscurs qui tapissent les saisons des clubs de milieu de tableau.

La saison 1989-1990, entre Division 3 et espoirs déçus

La Division 3 Centre-Ouest, version 1989, ne ressemble en rien au National actuel. Pas de multiplex, pas de caméra Derby ; juste des terrains gras, des tribunes ventées et une presse qui résume le match en trois paragraphes le lundi matin. Le Pau FC évolue alors dans un groupe mêlant des réserves professionnelles, des clubs historiques et des villages fiers de leur équipe première.

Patrick Colin débute la saison comme titulaire lors de la première journée : un 0-0 face au FC Sète. Il est reconduit derrière face à Toulouse, Rodez, Bordeaux. On devine un joueur de devoir, un milieu polyvalent chargé de colmater les brèches. Les résultats sont mitigés. Sur les six apparitions de Colin, le bilan est d’une victoire, deux nuls, trois défaites. Le Pau FC alterne l’espoir et la frustration, sans jamais décoller vraiment.

Le 7e tour de la Coupe de France voit le club recevoir Nîmes, pensionnaire de Division 2. Patrick Colin est titulaire. Défaite 0-1 après prolongation. Un but encaissé tard, le genre de scénario qui brise un vestiaire et accélère la fin d’une aventure. Ce match sera son dernier avec le maillot palois.

Ce qu’il faut retenir de cette saison, c’est la place fragile du Pau FC à cet étage du football français. Les moyens sont comptés. Les transferts se font en voiture, entre deux boulots. On fait confiance au joueur du coin, à celui qui accepte de sacrifier ses week-ends pour le club. Patrick Colin est probablement de ceux-là. Une silhouette parmi d’autres, qui compose un effectif où l’on se bat avant tout pour le maintien.

Titulaire à chaque fois, remplaçant dans les mémoires

!A worn football boot with scuffed leather and loose laces, resting on a rain-soaked wooden bench, faded green pitch in t

Six matchs, six titularisations. Aucune minute en tant que remplaçant. Les chiffres bruts racontent une chose : on ne le faisait pas entrer pour sauver les meubles, on lui confiait le onze de départ. Pourtant, son nom n’a jamais circulé dans les discussions de mercato, aucun espoir de transfert n’a jamais été évoqué. Il incarne ces centaines de joueurs qui disparaissent des radars sans que le football professionnel ne leur adresse un regard.

Dans le Béarn, on a pourtant une expression pour ces joueurs : « un gars du club ». Quelqu’un qui mouille le maillot sans demander son reste, qui répond présent quand on l’appelle et ne réclame pas les projecteurs. C’est la matière même qui fait tourner un club comme le Pau FC, à toutes les époques. Le centre de formation n’existait pas encore, la réserve évoluait dans des divisions régionales, mais l’esprit était le même. Un vivier local, des carrières courtes, une fidélité silencieuse.

Le mystère reste entier sur la suite de son parcours. Aucune trace écrite ne dit s’il a poursuivi le football dans un autre club amateur ou rangé les crampons. Ce vide documentaire le rend presque symbolique. Il appartient à cette génération de footballeurs dont l’histoire tient en une ligne sur une fiche manuscrite.

Pourquoi ces histoires comptent autant qu’un trophée

On pourrait croire que seul le palmarès importe. On aurait tort. Les clubs qui durent sont ceux qui savent chérir leurs anonymes. Parce que chaque supporter qui achète aujourd’hui ses places pour le Nouste Camp s’inscrit dans une continuité qui dépasse les stars de passage. En 1989, d’autres Palois se serraient sur les mêmes travées, bravaient le même vent, pour applaudir des Colin qui n’avaient rien de vedettes.

Le football de Ligue 2, qu’on suit chaque semaine dans notre rubrique ma.ligue 2, n’est pas qu’une vitrine pour jeunes prometteurs ou une antichambre de l’élite. C’est un ciment social, un marqueur d’identité. On a tous vu un maillot porté par un inconnu un soir de novembre finir par nous être plus cher qu’un nouveau maillot de l’OM acheté sur un coup de tête. La fidélité à un club tient à ces attachements-là.

Alors, applaudir Patrick Colin, c’est reconnaître que Pau 1959 ne serait pas le même sans tous ces joueurs de devoir. Leur absence de renommée ne les rend pas moins essentiels. Ils ont tenu le vestiaire, porté les valeurs du club, maintenu la flamme jusqu’à ce que d’autres générations prennent le relais.

Patrick Colin, trace d’un football d’avant les datas

!A crumpled vintage match program with handwritten tactical notes, lying on weathered wooden bleachers, soft dust particl

En 1989, le football amateur ne laissait presque aucune trace numérique. Pas de profil Transfermarkt, pas de résumé en HD, pas de forum pour débattre d’une titularisation. La mémoire reposait sur les coupures de presse et les souvenirs des spectateurs. Pour Patrick Colin, les seules preuves sont ces feuilles de matchs jaunies où son nom apparaît six fois, suivi de la mention « titulaire ».

Aujourd’hui, chaque geste d’un joueur de Ligue 2 est décortiqué, partagé, archivé. La moindre option d’achat, le plus petit bon de sortie alimentent des discussions infinies. L’évolution est heureuse : les clubs comme le nôtre bénéficient d’une exposition qu’ils n’avaient pas. Mais cette profusion d’informations occulte parfois l’essentiel. Savoir si Patrick Colin courait plus de 10 kilomètres par match n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est qu’il a marqué un but pour le Pau FC. Qu’il a gagné un match avec ses coéquipiers. Qu’il a honoré le maillot.

La fragilité des traces anciennes nous oblige à une forme d’humilité. Dans trente ans, que restera-t-il de nos joueurs d’aujourd’hui ? Peut-être juste un résumé vidéo et cinq lignes sur un site. Ce sera déjà beaucoup. Mais pour comprendre vraiment ce que le Pau FC doit à ses joueurs les plus discrets, il faudra se souvenir que le football, c’est d’abord une histoire d’hommes qui se souviennent d’autres hommes.

Questions fréquentes

Pourquoi Patrick Colin n’a-t-il joué que six matchs avec le Pau FC ?

Les archives ne précisent pas la raison de sa disparition de l’effectif. À cette époque, les contrats étaient rares en Division 3, et un joueur pouvait arrêter pour des raisons personnelles, professionnelles ou par choix du club. La rotation d’effectif, liée aux modestes moyens du Pau FC, expliquait aussi des passages très courts.

Existe-t-il des photos ou des vidéos de Patrick Colin sous le maillot palois ?

Aucune image publique connue ne circule. Les vidéos de Division 3 en 1989 sont quasi inexistantes, et les photographes ne couvraient que rarement les matchs à domicile. La mémoire de Colin repose uniquement sur les feuilles de match et les souvenirs des supporters présents ce jour-là.

Quiz personnalisé

Votre recommandation sur patrick colin

Trois questions pour calibrer un plan adapté à votre niveau et votre objectif.

Q1Votre niveau actuel ?
Q2Votre objectif ?
Q3Combien de séances / semaine ?

Résultat instantané, pas de création de compte.